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L'importance du préservatif
Dénigrer l'importance du préservatif a un effet dévastateur dans les pays les plus touchés par la pandémie. C'est aussi un manque de respect et de compréhension envers les 150000 séropositifs qui vivent avec le virus dans notre pays et ont droit à l'amour.
Publié le : 2009-04-10 - Dernière mise à jour le 2017-04-24
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-Dénigrer l'importance du préservatif, c'est saborder tout le travail de sensibilisation entamé depuis des années à travers le monde pour encourager les rapports protégés pour réduire l'avancée de la pandémie qui tue par millions depuis 25 ans.

Des milliers de bénévoles, de professionnels de la santé, de travailleurs sociaux, se battent pour convaincre les hommes de la nécessité de mettre un préservatif pour protéger leur partenaire et se protéger, en particulier quand il ne connaissent pas leur statut viral.

Que les grands pontes de l'église catholique, influents dans de nombreux pays d'Afrique touchés par la pandémie, dénoncent le préservatif comme responsable de sa propagation, balaye tous ces efforts et décourage les hommes de faire l'effort de se protéger.

Il est en effet naturel pour un homme de préférer un rapport sexuel non protégé qui lui procure plus de plaisir, et s'il accepte de mettre un préservatif, c'est qu'il a pris conscience qu'il était important de réduire ce plaisir pour garantir sa sécurité ou celle de son ou sa partenaire.

Dans de nombreuses cultures, cette fine pellicule de latex est perçue comme une aliénation, une atteinte à la virilité, une mise en doute de l'homme et une limitation de son pouvoir reproducteur.

L'éducation, la mise en lumière de la pandémie, des risques de contamination et la diffusion massive de préservatifs ont convaincu des millions d’hommes de se protéger et de protéger leur partenaire.


Les femmes ont gagné aussi grâce à ces campagnes de sensibilisation des arguments pour mieux se protéger, et il est devenu un peu plus légitime pour elles de demander à leur partenaire de mettre un préservatif, alors qu’il y a quelques années, la femme était souvent amenée à subir le choix de l'homme de mettre ou de ne pas mettre le préservatif.

Si du jour au lendemain, une personnalité aussi influente que le pape pour certaines communautés, vient dire le contraire, il est évident que de nombreux hommes ne jugeront plus utile d'aliéner leur plaisir si on leur dit que ça ne sert à rien...
Les femmes perdront aussi instantanément cette liberté gagnée au fil des années, d'imposer le préservatif, car elle n'auront aucun poids face à la parole “suprême et incontestée” du pape.



Boites distributrices de préservatifs Dessine l'Espoir dans les hopitaux, et centres de dépistage.

-L’attaque du préservatif trouve ses fondements dans une croyance que celui ci pousse à la débauche, et s’oppose à l’abstinence prêchée par l’Eglise.
Ce rejet est totalement aux antipodes de la réalité de terrain, en Afrique en particulier :
les campagnes menées actuellement allient la plupart du temps la promotion du préservatif et l’encouragement à l'abstinence et à la fidélité, afin de fédérer tous les acteurs locaux, y compris les responsables religieux et politiques autour d'un message consensuel : le préservatif est indispensable quand on s'abstient de s'abstenir...


Il est en effet hypocrite de croire qu'en prêchant l'abstinence, on va
transformer une génération et la décourager de découvrir l'amour un jour où l'autre.


Chaque parent peut expliquer à son enfant qu'il peut attendre, mais
chacun sait qu'un jour les paroles seront vaines, et qu'il vaut mieux que son enfant soit protégé ce jour là, que son fils ait le réflexe d’utiliser un
préservatif, et que sa fille ait le courage d'en exiger un.

-L’attaque du préservatif joue aussi la carte du doute de sa fiabilité.
On a entendu dire par exemple que les préservatifs sont poreux, qu'ils ne laissent pas passer les spermatozoïdes, mais qu'ils laissent passer le virus, c'est là encore une contre vérité extrêmement dangereuse, qui rappelle ces rumeurs que certains font courir en Afrique en disant que les préservatifs contiennent le virus.

La fiabilité des préservatifs est pourtant unilatéralement reconnue par le milieu médical, et le seul risque qui perdure est lié à une mauvaise utilisation pouvant provoquer le déchirement du préservatif, , mais c’est un événement rare et que l’on peut éviter en utilisant un gel lubrifiant ou des préliminaires adéquats…

Ces messages sont criminels car ils insinuent faussement que les préservatifs ne sont pas fiables, comme si on déclarait que la ceinture de sécurité et les airbags, ou les casques ne servent à rien car il y encore des morts sur la route, plutôt que de mettre en lumière que les milliers de vies ont pu être sauvées grâce à ces outils de protection.

La encore, il a fallu éduquer les esprits sur des décénies pour arriver à un réflexe de protection acquis désormais par une grande majorité de la population. Affirmer du jour au lendemain que ces outils de protection sont inutiles serait choquant, et pourtant les conséquences seraient identiques au rejet du préservatif: mettre en danger des millions d'individus à travers le monde.


Dessine l'Espoir a distribué plus d'un million de préservatifs depuis 2007.

- Décourager l'usage des préservatifs, c'est remettre en avant cette idée
que le virus du Sida ne touche que ceux qui le méritent, comme une punition divine. C'est rejeter ainsi des populations à risques que l'on considère comme des individus de seconde classe.
Il est fréquent d'entendre dans toutes les générations et tous les milieux sociaux des positions racistes et homophobes liées au VIH et au SIDA, qui s'accommodent volontiers de ce genre de déclarations contre le préservatif.

Outre le fait que de tels propos sont condamnables, c’est aussi oublier qu'aujourd'hui, le VIH n'a pas de visage, pas de nationalité ni de couleur de peau.
Il peut toucher certes avec plus de probabilité quand on vit dans un pays comme le Swaziland touché à 40% par la pandémie, qu'en France, qui compte cependant 150000 séropositifs, mais là encore, personne n'est à l'abris d'un accident, pas plus sur une route dangereuse de montage que sur une autoroute réputée plus sûre.


Affiches de la campagne :


- Décourager l'usage des préservatifs, c'est aussi condamner les séropositifs à l'isolement et leur interdire le droit à l'amour.


Combien de couples séro-divergents, vivent une relation d'amour, acceptent grâce au préservatif,la présence du virus chez leur partenaire sans le considérer comme un obstacle à la construction d'une relation amoureuse car ils savent qu'ils sont protégés, qu'année après année, le préservatif les protègent.

Combien de couples arrivent même à mettre au monde un enfant séronégatif, malgré qu'un parent soit séropositif, en se protégeant dans leurs rapports quotidiens, et en bénéficiant d'un suivi médical et d'une assistance le jour où il sont prêts à concevoir un enfant, et ou la charge virale du partenaire séropositif aura pu retomber grâce à un traitement préventif programmé.

150 000 personnes séropositives en France aujourd'hui, c'est 150 000 scénarios tous différents d'une rencontre entre une particule invisible et un corps sain, un jour J, dans un lieu L.

Chaque jour s'écrivent de nouveaux scénarios et si les rapports sexuels ne sont pas les seuls vecteur de transmission, et que la transmission par contact sanguin est aussi possible, il est cependant indéniable qu'avec un préservatif P la plupart de ces scénarios auraient pour issue une relation d'un jour, une relation d'une vie sans partage du virus comme présent.

Certains ont déclaré en réponse aux propos du pape qu’il n’est “pas drôle de mettre un préservatif quand on fait l’amour”.
C'est peut-être une évidence qu’il est plus agréable de faire l'amour sans préservatif, mais c'est totalement déplacé de l’affirmer haut et fort quand on pense aux couples qui n'ont pas d'autres choix que d'en utiliser, car l'un des partenaires est séropositifs.
Pourquoi ne pas dire aussi à un aveugle que c'est plus sympa de voir que de toucher.

C'est une vérité qui devrait s'accompagner d'un complément indispensable:

C'est plus agréable de faire l'amour sans préservatif, alors après 3 mois d'une relation sérieuse, faites un test du VIH SIDA ensemble, et le jour des résultats, appréciez ce moment particulier où vous connaîtrez pour la première fois l'amour sans préservatif.
Ou peut être apprécierez vous aussi le moment particulier ou pour la première fois vous comprendrez que ce préservatif était indispensable car votre partenaire ou vous même n'a pas eu cette chance du résultat positif.
Apprécier ce moment là aussi, car il sera un des plus beau geste d'amour que vous n'ayez jamais reçu ou donné, celui de dire que malgré ce virus, je continuerai à t'aimer séropositif ou séronégatif.


Et là, faire l'amour avec un préservatif sera vraiment, vraiment meilleur que l'ignorance, ou que le rejet primaire de l'autre.

Ce message a pour seul but de rappeler l'évidence et de faire comprendre à quel point l'ignorance est plus dangereuse que le virus, à quel point des mots peuvent être blessant pour ceux qui se battent pour vivre une vie normale avec ce virus, et peuvent être dangeureux pour ceux qui peuvent être amenés à croiser sa route.

Les valeurs morales ne doivent pas nier l'évidence que derrière les grands principes, la réalité est tout autre, et que renoncer au seul moyen de protection contre un virus qui continue à tuer des centaines de milliers d'individus à travers le monde est profondément immoral.



Emballage de préservatifs

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